METO
Projet en cours de développement.
Avec METO, je cherche à donner une forme visible à ce qui, par définition, ne se voit pas : la douleur, la fatigue, les limitations, les traitements, l’attente et la peur de la prochaine crise.
Je travaille autour de la maladie chronique invisible et de la manière dont elle transforme progressivement notre rapport au corps, à nous-même et au monde extérieur.
Mon corps est devenu un territoire que je ne contrôle pas toujours. Un corps qui peut sembler parfaitement normal aux yeux des autres, alors qu’il est traversé par une douleur, une fatigue ou une inflammation que personne ne peut percevoir. À travers la photographie et la mise en scène, j’essaie de traduire cet écart entre le corps que l’on voit et celui que l’on ressent. METO naît de mon expérience de la spondylarthrite ankylosante et de tout ce qu’elle implique : les douleurs, les poussées, la fatigue, les atteintes oculaires, les traitements, les perfusions, les contraintes et cette sensation permanente de devoir composer avec un corps qui impose ses propres règles.
Mais la série parle aussi de ce qui vient après le diagnostic : apprendre à habiter autrement son propre corps, adapter ses gestes, ses projets, ses habitudes, et tenter de continuer à exister au-delà de la maladie. Je ne cherche pas à illustrer médicalement la maladie. Je cherche plutôt à lui donner une présence, une forme, une matière. À rendre perceptible quelque chose qui reste habituellement invisible. METO est ainsi une recherche intime autour du corps, de la douleur et de l’identité.
Que se passe-t-il lorsque le corps que l’on voit ne correspond pas au corps que l’on ressent ?